Marseillaises

Websérie musicale qui se veut patriote, joyeuse et colorée.

La Marseillaise, encore et encore, réinventée à chaque épisode dans un style différent grâce à l’IA. Le principe vient de Raymond Queneau, qui racontait dès 1947, dans « Exercices de style », la même anecdote de 99 façons. Il s’inscrit dans l’esprit de l’Oulipo, mouvement artistique fondé sur une conviction simple : la contrainte pousse à inventer. Georges Perec écrira ainsi un roman entier sans utiliser la lettre « e ».

Une idée que l’on retrouve aussi en musique. Dans les années 1970, Brian Eno et Peter Schmidt imaginent les « Oblique Strategies » : un jeu de cartes proposant des contraintes créatives, parfois déroutantes, destinées à sortir les musiciens de leurs automatismes. Eno les utilisera notamment lors de ses collaborations avec David Bowie.

Quelques décennies plus tard, Pharrell Williams et Chad Hugo, avec The Neptunes, pousseront à leur manière cette logique de cadre créatif : un vocabulaire sonore immédiatement identifiable, mais capable de se réinventer d’un artiste à l’autre et d’un morceau à l’autre. Au début des années 2000, leur empreinte sur la musique est considérable (40% du top billboard US).

De Queneau à Eno, de Bowie à Pharrell, on retrouve finalement la même intuition

La liberté créative ne naît pas nécessairement de l’absence de règles. Elle peut, au contraire, naître de la règle elle-même. « Allons enfants » part de ce paradoxe. Ici, une seule chose est intangible : le texte de La Marseillaise. On n’y touche pas. Tout le reste est terrain de jeu. Comme aimaient le dire les oulipiens : « nous sommes des rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir ».

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